NAPOLEON_BONAPARTE



Napoléon Bonaparte

Napoléon Bonaparte

La Bataille de Lodi (10 mai 1796)

par Le Baron Lejeune Louis François (1775-1848)

Musée de Châteaux de Versailles et de Trianon

La Bataille de Lodi (10 mai 1796)
Le 10 Mai 1796, aux premières heures du jour, Bonaparte arrive avec son avant-garde à Lodi, au bord de l'Adda; Beaulieu et les Autrichiens sont retranchés en face sur la rive gauche.
A midi, Bonaparte est décidé à franchir la rivière à tout prix sans attendre Augereau et Masséna. Il lance l'assaut dans la soirée et les grenadiers de Dallemagne enlèvent le pont au pas de course.
Vers 6 heures du soir, Bonaparte se tenait derrière la statue de Saint Jean Népomucène élevée à l'entrée du pont, sur la rive droite. L'emplacement était très exposé aux coups des batteries adverses installées de l'autre côté et un boulet emporta la tête du Saint. Bonaparte fit remettre en état la statue par reconnaissance à celui auquel il devait la vie.



Bonaparte au Pont d'Arcole (17 novembre 1796)

par Gros Antoine-Jean

Bonaparte au Pont d'Arcole (17 novembre 1796)



Bonaparte à la bataille de Rivoli (14 janvier 1797)

par Philippoteaux Félix, peint en 1845

Bonaparte à la bataille de Rivoli (14 janvier 1797)



La bataille d'Aboukir (25 juillet 1799)

par Le Baron Lejeune Louis François (1775-1848)

Musée de Châteaux de Versailles et de Trianon

La bataille d'Aboukir (25 juillet 1799)
Bonaparte, de retour au Caire après avoir levé le siège de Saint-Jean-d'Acre, se précipite à Aboukir où une armée turque vient de débarquer sous la protection de la flotte anglaise et travaille activement à établir un camp retranché. Le 25 Juillet 1799, sous les assauts de Lannes et de Murat, cette armée est complètement détruite. Bonaparte écrit alors au Directoire : « La bataille d'Aboukir est une des plus belles que j'ai vues. De l'armée ennemie débarquée pas un homme n'a échappé. »
On doit ce splendide tableau au Général Lejeune qui, comme officier, participa à la victoire.



Bonaparte au Conseil des Cinq Cents (19 Brumaire an VIII, 10 novembre 1799)

peint par Bouchot Francois en 1840

Bonaparte au Conseil des Cinq Cents (19 Brumaire an VIII, 10 novembre 1799)
Dix-Huit brumaire an VIII. Le général Bonaparte venait d’arriver soudainement d’Egypte, au milieu de l’enthousiasme des populations sur son parcours. La première chose qu’il fit, fut d’aller rendre visite aux membres du Directoire, c’était le 25 vendemiaire, et il leur dit qu’après avoir consolidé l’établissement de son armée en Egypte, après les victoires du Mont-Thabor et d’Aboukir et confié le commandement en chef en ses lieu et place, à Kléber, il était parti pour voler au secours de la République qu’il croyait perdue, mais il la trouvait sauvée par les exploits de ses frères d’armes et il s’en réjouissait. « Jamais, ajouta-t-il en mettant la main sur son épée, jamais il ne la tirerait que pour la défense de la République. » Le président Gohier lui répondit en le complimentant sur ses triomphes et sur son retour, et lui donna l’accolade fraternelle. L’accueil fut en apparence très flatteur, mais au fond les Directeurs se méfiaient. Lannes, Murat, et Berthier ne le quittaient pas et le Directoire, de plus en plus méfiant et inquiet, cherchait à l’écarter en lui offrant un commandement, mais Bonaparte, se tenant dans l’expectative, répondait qu’il ne s’était pas encore assez reposé de ses fatigues.
Pendant ce temps, des amis faisaient tous leurs efforts pour engager Bonaparte à agir avec Sieyès et Roger Ducos : « Barras, ajoutaient-ils, est tellement déconsidéré qu’il ne compte plus. » Une entrevue eut lieu, en effet, entre Sieyès et Roger Ducos d’une part, et de Bonaparte de l’autre, et l’entente fut complète, ils décidèrent d’en finir au plus tard du 18 au 20 brumaire. Il fut décidé que l’on demanderait le transfert à Saint-Cloud des deux conseils. Le 18 au matin, un mouvement imprévu se manifesta de toute part, une nombreuse cavalerie parcourut les boulevards et tout ce qu’il y avait de généraux et d’officiers dans Paris se rendirent en grand uniforme, rue chantereine où habitait Bonaparte. Ce même jour, le Conseil des Anciens réuni aux Tuileries, décidait que les conseils seraient transférés à Saint-Cloud, le lendemain matin même, et nommait Bonaparte général en chef de toutes les troupes de la 17e division militaire, de la garde du Corps législatif, de la garde du Directoire et de la garde nationale de Paris et de ses environs. Parmi les quelques généraux qui ne voulurent point seconder Bonaparte, il y eut Bernadotte, Augereau, puis Jourdan. Nous sommes près du dénouement. Bonaparte monta à cheval pour se rendre aux Tuileries, suivi par les généraux Moreau, Macdonald, Berthier, Lannes, Murat et Leclerc. En arrivant aux Tuileries il trouva les détachements du 9e, les harangua, et, après les avoir enthousiasmés, entra dans le Palais ; il se présenta aux Anciens, accompagné de son magnifique état major, et fit son apparition à la barre : « Citoyens représentant, dit-il, la République allait périr, votre décret vient de la sauver ! Malheur à ceux qui voudraient s’opposer à son exécution. Aidé de tous mes compagnons d’armes rassemblés ici autour de moi, je saurais prévenir leurs efforts. On cherche en vain des exemples dans le passé pour inquiéter vos esprits ; rien dans l’Histoire ne ressemble au dix-huitième siècle, et rien dans ce siècle ne ressemble à sa fin… Nous voulons la République… Nous la voulons fondée sur la vraie liberté, sous le régime représentatif. Nous l’aurons, je le jure en mon nom, et au nom de mes compagnons d’armes… » Murat fut chargé d’aller occuper Saint-Cloud. Sérurier fut mis au Point-du-jour avec une réserve, Lannes fut chargé de commander les troupes qui gardaient les Tuileries, et Moreau fut chargé de garder le Luxembourg avec 500 hommes. Fouché, qui était de connivence avec Bonaparte, comme préfet de police, suspendit 12 municipalités de Paris. Le lendemain 19, la route de Saint-Cloud était couverte de troupes.
Trois salles avaient été préparées au château, l’une pour les Anciens, l’autre pour les Cinq-Cents, la troisième pour la Commission des inspecteurs et pour Bonaparte. La séance des deux Conseils s’ouvrit à deux heures. Aux Anciens rien de bien saillant ne se produisit, mais il en fut tout autrement aux Cinq-Cents. Gaudin avait mission de Sieyès et de Bonaparte d’ouvrir la séance, mais à peine a-t-il fini de parler qu’un orage épouvantable éclate dans l’Assemblée ; des imprécations, des discours violents retentissent, on entend de toutes parts ces cris : « A bas les dictateurs, point de dictature, vive la Constitution ! – La Constitution ou la mort ! s’écrie Delbrel. Les baïonnettes ne nous effrayent pas, nous sommes libres ici. » Ces paroles furent suivies de nouveaux cris. Quelques députés furieux répétèrent en regardant Lucien : « Point de dictature ! A bas les dictateurs ! » Après cette longue agitation, Grandmaison propose de prêter serment à la Constitution de l’an III. La proposition est aussitôt accueillie. On demande l’appel nominal, ce qui est accepté. Chaque député vient tour à tour préter serment à la tribune à l’applaudissement de toute l’Assemblée.Voyant le danger croître, Bonaparte et Sieyès arrête sur le champ d’en finir de suite. Bonaparte se décide à se présenter aux deux Conseils à la tête de son état-major. Il rencontre Augereau qui, d’un ton railleur, lui dit : « Vous voilà dans une jolie position ! – Les affaires étaient en bien plus mauvais état à Arcole, » lui répond Bonaparte, et il poursuit son chemin au conseil des Anciens. Il n’avait pas les habitudes parlementaires, et, au moment où il devait prendre la parole devant les Anciens, il se trouva quelque peu géné. « Citoyens représentants, dit-il, vous n’êtes point dans des circonstances ordinaires, mais sur un volcan. Permettez-moi quelques explications. Vous avez cru la République en danger ; vous avez transféré le Corps législatif à Saint-Cloud ; vous m’avez appelé pour assurer l’exécution de vos décrets ; je suis sorti de ma demeure pour vous obéir, et déjà on nous abreuve de calomnies, moi et mes compagnons d’armes : on parle d’un nouveau Cromwell, d’un nouveau César. Citoyens, si j’avais voulu d’un tel rôle, il m’eut été facile de le prendre au retour d’Italie, au moment du plus beau triomphe, et lorsque l’armée et les partis m’invitaient à m’en emparer, je ne l’ai pas voulu alors, je ne le veux pas aujourd’hui. Ce sont les dangers seuls de la patrie qui ont éveillé mon zèle et le vôtre. » Il trace ensuite le tableau de la situation dangereuse de la République, tableau qu’il rend très noir. « Prévenons, ajoute-t-il, tant de maux ; sauvons les deux choses pour lesquelles nous avons fait tant de sacrifices, la liberté et l’égalité… » » Parlez donc aussi de la Constitution ! » lui crie Lenglet. Cette interruption interloque sur le moment le général, mais bientôt remis, il répond : » De Constitution ! vous n’en avez plus. C’est vous qui l’avez détruite en attentant, le 18 fructidor, à la représentation nationale, en annulant, le 22 floréal, les élections populaires, et en attaquant le 30 prairial, l’indépendance du gouvernement. Cette Constitution dont vous parlez, tous les partis veulent la détruire. Ils sont tous venus pour me faire confidence de leurs projets, et m’offrir de les seconder. Je ne l’ai pas voulu ; mais, s’il le faut, je nommerai les partis et les hommes. » – « Nommez-les, s’écrie alors les opposants, nommez-les, demandez un comité secret. » Une longue agitation succède à cette interruption. Bonaparte attend quelques moments et reprend la parole : « Environné de mes frères d’armes, je saurai vous seconder. J’en atteste ces braves grenadiers dont j’aperçois les baïonnettes, et que j’ai si souvent conduits à l’ennemi, j’en atteste leur courage, nous vous aiderons à sauver la patrie, et si quelque orateur, ajoute Bonaparte d’une voix menaçante, si quelque orateur, payé par l’étranger parlait de me mettre hors la loi, alors j’en appelerais à mes compagnons d’armes. Songez que je marche , accompagné de la fortune et du dieu de la guerre. » Ces paroles menaçantes étaient à l’adresse des Cinq-Cents. Quant aux Anciens, ils furent gagnés à sa cause ; ils lui accordèrent les honneurs de la séance. De là, sûr à peu près de lui-même, il se rendit aux Cinq-Cents suivi de quelques grenadiers ; il entre et laisse des grenadiers derrière lui au bout de la salle. A peine arrivé au milieu, une tempête furieuse éclate de toutes parts. « Quoi ! s’écrient plusieurs voix, des soldats ici ! des armes ! Que veut-on ? A bas le dictateur ! A bas le tyran ! » Beaucoup de députés s’élancent au milieu de la salle, entourent Bonaparte et lui adressent des interpellations très vives. Quoi ! lui dit Destrem, c’est pour cela que vous avez vaincu ?… Tous vos lauriers sont flétris… Votre gloire s’est changée en infamie… Respectez le temple des lois. Sortez, sortez ! » Bonaparte au milieu de cette foule menaçante, semble perdre contenance. Les grenadiers qu’il avait laissé à la porte accourent, repoussent les députés et le saisissent par le milieu du corps. Des coups de poignards auraient été donné sans l’atteindre. Le grenadier Thomé eut ses vêtements déchirés. Bonaparte est emporté hors de la salle, fort pâle, il monte à cheval, se rend auprès des troupes, et leur crie que l’on a voulu l’assassiner, il est accueilli par les cris de : Vive Bonaparte ! Cependant l’orage continue au sein du Conseil des Cinq-Cents et, cette fois, les attaques sont dirigés contre Lucien, frère de Bonaparte. Lucien essaie d’être ferme à son poste : « Votre frère est un tyran, lui dit-on ; en un jour il a perdu toute sa gloire ! » Ce dernier chercha à le justifier. « Vous n’avez pas voulu l’entendre, leur répond-il. – Non, non, à bas le tyran ! clament certains des Cinq-Cents. Hors la loi ! ajoutent-il. » Ce mot terrible, on le sait, avait perdu Robespierre ; prononcé devant les troupes, il pouvait jeter la perturbations dans les rangs. Lucien, qui ne voulut pas mettre aux voix la proposition de mise hors la loi de son propre frère, déclara qu’il renonçait au fauteuil de la présidence et descendit. Bonaparte, entendant du dehors ce qui se passait, fait entrer quelques grenadiers pour sauver son frère, puis se décide à en finir d’un seul coup : il monte à cheval avec Lucien et parcourt le front des troupes. Lucien les harangue. « Le Conseil des Cinq-Cents est dissous, leur dit-il ; c’est moi qui vous le déclare. Des assassins ont envahi la salle des séances, et ont fait violence à la majorité : je vous somme de marcher pour la délivrer. » Murat et Leclerc ébranle alors un bataillon de grenadiers et le conduisent à la porte des Cinq-Cents. A la vue des baïonnettes les députés jettent des cris épouvantables, mais des roulements de tambours couvrent leurs cris : Grenadiers, en avant ! commandent les officiers. Ces derniers entrent dans la salle et dispersent en tous sens les députés, les uns par les couloirs, les autres par les fenêtres. La salle est évacuée et Bonaparte reste complètement maître du champ de bataille. La nouvelle, portée aux Anciens, loin de les rasséréner les plonge dans l’inquiètude et les regrets. Mais Bonaparte avait réussi, et les députés des Anciens, quoique atteints de remords, acceptèrent le fait accompli…
Bonaparte, Roger Ducos et Sieyès furent nommés consuls provisoires et les Conseils furent ajournées au 1er ventôse prochain. Deux commissions, qu’on a appelées intermédiaires, de vingt-cinq membres chacune, prises dans les deux Conseils, furent chargées de fonctionner et d’approuver les mesures législatives que les trois Consuls eurent besoin de prendre. Les Consuls et les commissions susdites furent chargées de rédiger une Constitution nouvelle. Tel fut le 18 brumaire.
(Extrait du dictionnaire sur la Révolution et l’Empire du Dr Robinet)



La famille du 1er Consul

Famille du 1er Consul



Bataille de Marengo (14 juin 1800)

par Lejeune Louis François (1775-1848)

Musée de Châteaux de Versailles et de Trianon

Bataille de Marengo (14 juin 1800)
La bataille de Marengo se déroula le 14 juin 1800 dans la plaine de la Bormida, près de la ville d'Alessandria en Piémont. Elle opposa l'armée de Réserve française, menée par le Premier Consul, aux troupes autrichiennes de la deuxième coalition. Jamais victoire napoléonienne ne fut plus proche de la défaite.
Le combat débuta à 9 heures du matin par l'attaque des Autrichiens.
Toute la matinée du 14 Juin 1800, les soldats de Lannes et de Victor se battent pied à pied, aidés par les charges furieuses des cuirassiers de Kellermann. Sans artillerie et sans munitions. ils doivent reculer devant les Autrichiens et la garde consulaire elle-même, «bastion de granit placé au milieu de la plaine », est obligée de céder.
A 14 heures, la situation était tellement critique pour les Français, s'aggravant d'ailleurs d'heure en heure, que le feld-maréchal Melas prit la décision de rejoindre Alessandria pour annoncer la victoire à Vienne.
Tandis qu'il laissait le commandement à Kaïm, qui évitait la déroute complète de l'armée française en ne la poursuivant pas énergiquement, les divisions Desaix et Boudet arrivaient vers 17 heures.
«Revenez, au nom de Dieu, si vous le pouvez encore», fait écrire Bonaparte à Desaix. Ce n'est que dans l'après-midi que celui-ci accourt et lance: « Oui,la bataille est perdue, mais nous avons encore le temps d'en gagner une autre. » Son attaque va bousculer l'armée autrichienne, mais il est un des premiers à tomber mortellement blessé.
Bonaparte fit stopper la retraite et relança l'offensive.
Ce fut alors la fameuse charge de Desaix à la tête de la 9e demi-brigade légère dans laquelle le général trouva la mort atteint d'une balle en plein coeur.
La victoire survint finalement grâce à l'attaque de Kellermann et de sa cavalerie.
A la nuit, les Autrichiens avaient laissé les Français maîtres du champ de bataille.
Cette bataille sanglante, qui coûta la vie à 6000 Français et à 9400 Autrichiens, devint pourtant le symbole de la campagne de 1800. Elle permit à Bonaparte de renforcer sa position après le coup d'Etat et fut hissée par la propagande au rang d'une éclatante victoire. La mort de Desaix permit, à cet égard, de passer une série de commandes (peintures, sculptures, monuments commémoratifs, tombeau) magnifiant la figure du héros napoléonien.
Sur le site de Marengo, à 2,5 km d'Alessandria par la via Marengo puis la Via Genova, a été construite une villa baptisée le Château de Marengo. Bâtie en 1847 par Giovanni Dellavo, elle présente une façade en trompe-l'oeil et abrite le musée de la bataille conservant une collection d'armes appartenant à la Société Napoléonienne de Marengo (née en 1992), différents objets de l'époque et une grande maquette reconstituant les phases successives de la bataille. Devant le bâtiment a été installée une statue en granit rose des Alpes figurant le Premier Consul, oeuvre du sculpteur Benito Cacciatori (1847). La tête de Bonaparte serait tournée vers le lieu où tomba Desaix mortellement blessé. Au fond du parc se trouve l'ossuaire des morts tombés au champ d'honneur ainsi qu'un buste du général Desaix.
Une colonne commémorative, élévée ici par la ville pour le premier anniversaire de la bataille, est surmontée d'un aigle et porte cette inscription en latin et en italien : "Ici à Marengo/le 14 juin 1800/BonapartePremier Consul/de la République française/conduisit son armée/à la victoire". Démontée en 1814 par les Autrichiens, elle fut transférée à Fiume, remontée dans une villa à la fin de la première guerre mondiale et réinstallée à Marengo en 1922 après une pause au fort de Bormida. Enfin, le ruisseau Fontanone, qui se jette au nord du champ de bataille dans le Tanaro, fit office de barrière naturelle entre les deux armées. Dans la ville d'Alessandria, la citadelle fut le Q.G. de l'armée autrichienne et de Melas. Occupée par l'armée italienne, on ne peut la visiter.
La rivière Bormida, qui coule à la sortie de la ville, servit de ligne de démarcation entre les deux armées la veille de la bataille. Elle futfranchie par l'armée autrichienne au matin du 14 juin, et repassée en sens inverse le soir par la même armée vaincue. Sur la route qui conduit à Marengo se dresse un majestueux platane dit "de Napoléon". La légende veut que le Premier Consul se soit arrêté là pour profiter de son ombrage, mais l'arbre se trouvait derrière les lignes autrichiennes ! En fait, il est plus certainement le dernier arbre d'une allée commémorative qui conduisait d'Alessandria à Marengo.
A Torre di Garofoli, en direction de Tortona, une importante ferme à l'entrée du village servit de Q.G. à Bonaparte avant la bataille. Il y coucha également le soir de celle-ci. Une plaque commémorative porte cette inscription en italien : "Dans cette ville/le Premier Consul Bonaparte/conçut la bataille de Marengo/qu'il dirigea ensuite victorieusement/14 juin 1800/Ici il recueillit le dernier soupir de l'héroïque général Desaix/mortellement blessé en combattant/et il signa la convention d'Alexandrie/stipulant que le soir du 15/elle redonnait à la France la Lombardie, le Piémont, la Ligurie/se tenant à Torre Garofoli le huitième subalpin/Alexandre Guibono Cavalchini Garofoli baron S.R.I./posé en septembre 1905".
par Karine Huguenaud



La bataille d'Austerlitz (2 décembre 1805)

par Gérard François Pascal Simon, peint en 1810 (1770-1837)

Musée de Châteaux de Versailles et de Trianon

La bataille d'Austerlitz (2 décembre 1805)
Chef-d’œuvre de stratégie militaire, la bataille d’Austerlitz, dite aussi « des Trois empereurs » (Napoléon, Alexandre Ier de Russie et François II d’Autriche), demeure la plus célèbre des victoires napoléoniennes.
Craignant un débarquement sur ses côtes alors que la Grande Armée était réunie à Boulogne, l’Angleterre parvint à former sur le continent une nouvelle coalition contre la France (la troisième depuis 1792).
L’armée française accourut en Bavière, encercla à Ulm les troupes autrichiennes qui capitulèrent le 20 octobre 1805 et écrasa les Russes de Koutouzov à Austerlitz le 2 décembre, jour du premier anniversaire du sacre de Napoléon.
Napoléon déploie l'armée française face au plateau de Pratzen qu'il laisse occuper par l'ennemi. En même temps, il affaiblit son aile droite pour inciter les coalisés à enfoncer celle-ci et à lui couper la route de Vienne. Les Austro-Russes de Koutouzov tombent dans le piège et, le 2 Décembre 1805, lorsque le soleil dissipe le brouillard épais qui masque les Français prêts à bondir, les troupes ennemies sont en train de défiler sur le plateau. C'est alors que Soult les surprend et attaque leur centre dégarni. Napoléon repoussa l'ennemi comme prévu dans les étangs gelés de Satschan où elles se noyèrent. Au soir la victoire est acquise malgré les efforts désespérés de la cavalerie de la garde russe, contre laquelle Napoléon doit envoyer les escadrons de sa propre garde avec le Général Rapp. Celui-ci vient bientôt annoncer à l'Empereur la victoire décisive. Le lendemain Napoléon rédige sa proclamation: «Soldats, je suis content de vous... Il vous suffira de dire: J'étais à la bataille d'Austerlitz, pour qu'on dise: Voilà un brave.»
Austerlitz fut un désastre pour les Austro-Russes qui n’eurent plus qu’à traiter.




Le soir d'Iéna (14 octobre 1806)

par Detaille Jean-Baptiste-Edouard (1848-1912)

Le soir d'Iéna (14 octobre 1806)
Dans la nuit du 13 au 14 Octobre 1806, l'Empereur, dans le silence le plus absolu, fait grimper la garde sur le plateau de landgrafenberg et au prix d'efforts surhumains y fait hisser 40 pièces d'artillerie. Lui-même, une torche à la main, éclaire les troupes du génie qu'il dirige et ne s'en va que lorsque la première pièce de canon est passée devant lui sans que le moindre bruit ait été perçu. Le 14, il écrase l'armée prussienne de Hohenlohe, pendant que Davout avec 26 000 hommes contre 54000 bat l'armée de Brunswick un peu plus au nord, à Auerstaedt. Les deux armées en retraite se confondent bientôt et s'enfuient poursuivies par la cavalerie de Murat.



Bataille de Friedland (14 juin 1807)

peint par Vernet Horace (1789-1863)

Musée de Châteaux de Versailles et de Trianon

Bataille de Friedland (14 juin 1807)
L'Empereur, arrivé sur le champ de bataille le 14 Juin 1807 vers midi, comprend tout de suite que les Russes de Benningsen se sont engagés dans une position dangereuse et qu'il les y tient.
«On ne surprend pas deux fois l'ennemi en pareille faute», dira-t-il. En effet, adossé à l'Alle, Benningsen n'a d'autre ligne de retraite que les fonds de Friedland.
Napoléon arrête sur le champ sa manoeuvre, donne ses ordres, surveille leur exécution et obtient en quelques heures le résultat escompté. Il écrase, en effet, son adversaire sous le feu d'une énorme concentration d'artillerie et submerge la gauche ennemie, puis coupe les ponts sur l'Alle et jette les Russes à l'eau. La victoire est complète et décisive.



Napoléon sur le champ de bataille d'Eylau (1807)

par Gros Antoine-Jean (1771-1835)

Paris, musée du Louvre

Napoléon sur le champ de bataille d'Eylau (1807)
C'est une des plus sanglantes batailles que Napoléon ait jamais livrées. Benningsen jugeant sa retraite difficile décide de faire tête. Les Russes disposent d'une formidable artillerie qui fait des ravages terribles dans les rangs français. Toute la journée (8 Février 1807) la lutte reste indécise. Murat, à la tête de 80 escadrons formés en une immense colonne,conduit une charge fantastique, la plus célèbre des guerres de l'Empire, et sabre les fantassins russes. Mais seule l'arrivée de Ney dans la soirée oblige l'ennemi à battre en retraite. Le lendemain l'Empereur parcourt le champ de bataille et, affecté par cette boucherie, déclare: «Ce spectacle est propre à inspirer aux souverains l'amour de la paix et l'horreur de la guerre.»



Napoléon au bivouac de Wagram (Nuit du 5 au 6 juillet 1809)

par Roehn Adolphe

Musée de Châteaux de Versailles et de Trianon

Napoléon au bivouac de Wagram (Nuit du 5 au 6 juillet 1809)
L'Autriche, espérant profiter des difficultés de Napoléon, s'allie au début de 1809 à l'Angleterre. Elle pense pouvoir surprendre les Français. L'Empereur réagit rapidement, concentre ses troupes sur le Danube, puis remporte sur les Autrichiens de l'Archiduc Charles une série d'avantages brillants à Abensberg, Ratisbonne, Eckmühl, Landshut et Ebelsberg. Il entre à Vienne le 13 mai 1809.
Tandis que l'Archiduc Charles se retire sur la rive gauche du Danube, Napoléon prend pied sur l'Île Lobau. Le 21 mai, Lannes et Masséna passent le bras nord du fleuve et occupent les villages d'Aspern et d'Essling. Mais, devant la forte pression des Autrichiens et le manque de munitions dû aux coupures répétées du pont, ils doivent se replier. L'Empereur installe alors un véritable camp retranché dans l'Île Lobau, repose et réorganise ses troupes, les renforce grâce à l'armée d'Italie du Prince Eugène.
Dans la nuit du 4 au 5 juillet 1809, il franchit à nouveau le Danube et, le 6, remporte la victoire de WAGRAM. L'Archiduc Charles qui a subi de lourdes pertes se replie en Moravie et signe l'armistice de Znaïm, prélude au Traité de Vienne.



Bataille de la Moskova (7 septembre 1812)

par Le Baron Lejeune Louis François (1775-1848)

Musée de Châteaux de Versailles et de Trianon

Bataille de la Moskova (7 septembre 1812)
C'est la seule véritable bataille livrée par Napoléon à la tête d'une grande Armée forte de 600 000 soldats pendant la campagne de Russie.
Les généraux russes avaient préféré faire le vide devant l'avancée française en adoptant la politique de la terre brûlée.
Venant de Smolensk, Napoléon s'aperçoit que les Russes de Koutouzov se sont établis solidement sur les bords de la Moskova.
La grande bataille s'engage le 7 Septembre 1812 et tous les efforts de l'Empereur ont pour but d'enlever cinq redoutes qui mitraillent impitoyablement la droite française. L'une d'elles, la Grande Redoute, ne peut finalement être réduite que par la charge des cuirassiers de Caulaincourt. Le soir, l'armée de Koutouzov, qui a subi d'énormes pertes, abandonne le terrain. Cette bataille gigantesque et terrible ouvre la route de Moscou.
Dans les jours précédant le choc, l'Empereur avait fait exposer devant sa tente un portrait du Roi de Rome peint par Gérard et envoyé par Marie-Louise, pour qu'il soit montré aux officiers et soldats de la garde.
Victorieux sur la Moskova, Napoléon entre dans un Moscou vidé de ses habitants et ravagé par des incendies.
La retraite des français, ordonnée le 19 octobre suivant, tourne rapidement au désastre, en raison d'un hiver précoce et particulièrement rigoureux. Les soldats de la Grande Armée, privés de ravitaillement, harcelés par les cosaques et les partisans, périssent par centaines de milliers au cours d'une déroute dont le passage de la Bérézina (26-29 novembre) constitue l'épisode le plus tragique. Le 30 décembre, l'armée, réduite à environ 50 000 hommes, repasse le Niémen.



La campagne de 1814

Représentation illustrissime par MEISSONIER (1864)

La campagne de 1814
Napoléon marche à la tête de ses troupes, suivi des maréchaux Ney et Berthier, et des généraux Drouot, Gourgaud et Flahaut. Une deuxième colonne est formée de grognards. La composition respire l’inquiétude, l’angoisse même. Tous avancent en silence dans une neige boueuse, tendus vers le combat qui s’annonce. Ce n’est plus la victoire que représente cette peinture, c’est la fatigue de la guerre, et Napoléon lui-même se détache à peine de ses soldats. La silhouette est celle que rendit célèbre la légende napoléonienne : l’Empereur est vêtu de sa redingote grise et coiffé du célèbre « petit chapeau ».
Le style très minutieux, presque hyper-réaliste de Meissonier, permet de faire passer la vérité du sujet. Les attitudes sont réelles, individualisées, mais tous les hommes sont soumis au même destin. On ressent vraiment le silence obsédant de ces colonnes en marche vers une victoire devenue hypothétique.



Les adieux de Fontainebleau

par Montfort Antoine Alphonse

Les adieux de Fontainebleau
Adieux de Napoléon à la Garde impériale dans la cour du cheval-blanc du château de Fontainebleau.
Février 1814 : la campagne de France tourne mal ; les généraux ne suivent plus les plans de Napoléon, qui a remporté sa dernière victoire lors de la bataille de Montereau le 18 février. L’Empereur constate : « On ne m’obéit plus ! On ne me craint plus ! Il faudrait que je fusse partout à la fois ! » Il arrive à Fontainebleau le 31 mars avec le projet d’attaquer Paris, occupé par les ennemis. Mais le Sénat et le Corps législatif proclament sa déchéance, et les maréchaux refusent de tenter un dernier assaut. Napoléon propose une abdication conditionnelle : le roi de Rome serait empereur, et Marie-Louise régente. Dès qu’il prend connaissance de la trahison de Marmont, duc de Raguse, qui livre ses troupes à l’ennemi, le tsar Alexandre refuse l’abdication sous condition, et les sénateurs appellent Louis XVIII à régner. Le 6 avril, Napoléon accepte d’abdiquer sans conditions et de bénéficier de la souveraineté de l’île d’Elbe ainsi que d’une rente de deux millions versée par le gouvernement français, tandis que Marie-Louise se voit confier le duché de Parme avec droit de succession pour son fils. Le mercredi 20 avril, c’est le départ pour l’île d’Elbe.



La défense de Paris (30 mars 1814)

peint par Vernet Horace, la barrière de CLICHY (1820)

La défense de Paris (30 mars 1814)
Fin mars 1814, la campagne de France et le Premier Empire tirent à leur fin. Fortes de 800.000 soldats européens, rejointes par le comte d’Artois et le duc d’Angoulême, les armées alliées marchent sur Paris. Après avoir forcé les barrières de Belleville, Pantin, Romainville, la butte Saint-Chaumont et le pont de Charenton, elles prennent sur la rive droite de la Seine la butte Montmartre. Le nord et le nord-ouest de l’enceinte de la capitale, de Clichy à Neuilly, sont protégés par 70.000 hommes de la garde nationale. Devant l’avancée des ennemis, le maréchal Moncey se porte à la barrière de Clichy. Pupilles de la garde, invalides, volontaires, ouvriers, citoyens, tirailleurs, élèves des Ecoles polytechnique et vétérinaire : les troupes de Moncey rassemblent 15.000 hommes. Horace Vernet, son frère Carle, les amis et membres des cercles bonapartistes, en font partie. Leur manque d’expérience des armes ne les empêche pas de résister vaillamment en défendant le poste de garde jusqu’à la proclamation de l’armistice. Le 30 mars 1814 avant l’aube, le rappel des tambours annonce l’ultime épisode héroïque de la défense de la dernière barrière, attaquée par le contingent russe.



Sites à voir

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Bouchot Francois, Bonaparte au Conseil des Cinq Cents (19 Brumaire an VIII, 10-XI-1799)(peint en 1840)(2)
Bouchot Francois, Bonaparte au Conseil des Cinq Cents (19 Brumaire an VIII, 10-XI-1799)(peint en 1840)(2).jpg
Bouchot Francois, Bonaparte au Conseil des Cinq Cents (19 Brumaire an VIII, 10-XI-1799)(peint en 1840)
Bouchot Francois, Bonaparte au Conseil des Cinq Cents (19 Brumaire an VIII, 10-XI-1799)(peint en 1840).jpg
Chateau de Malmaison, salle du Conseil
Chateau de Malmaison, salle du Conseil.jpg
Chateau de Malmaison, salon de musique
Chateau de Malmaison, salon de musique.jpg
Detaille Jean-Baptiste-Edouard, Le soir de Iena (14-X-1806)(2)
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Detaille Jean-Baptiste-Edouard, Le soir de Iena (14-X-1806)
Detaille Jean-Baptiste-Edouard, Le soir de Iena (14-X-1806).jpg
Famille du 1er Consul
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Gerard Francois Pascal Simon, Bataille d'Austerlitz (2-XII-1805)(peint en 1810)(2)
Gerard Francois Pascal Simon, Bataille d'Austerlitz (2-XII-1805)(peint en 1810)(2).jpg
Gerard Francois Pascal Simon, Bataille d'Austerlitz (2-XII-1805)(peint en 1810)
Gerard Francois Pascal Simon, Bataille d'Austerlitz (2-XII-1805)(peint en 1810).jpg
Gros Antoine-Jean, Bataille d'Aboukir (25-VII-1799)(peint en 1806)(2)
Gros Antoine-Jean, Bataille d'Aboukir (25-VII-1799)(peint en 1806)(2).jpg
Gros Antoine-Jean, Bataille d'Aboukir (25-VII-1799)(peint en 1806)
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Gros Antoine-Jean, Bonaparte au Pont d'Arcole (17-XI-1796)
Gros Antoine-Jean, Bonaparte au Pont d'Arcole (17-XI-1796).jpg
Gros Antoine-Jean, Napoleon sur le champ de bataille d'Eylau (1807)
Gros Antoine-Jean, Napoleon sur le champ de bataille d'Eylau (1807).jpg
Lejeune Louis Francois Baron, Bataille de Marengo (14-VI-1800)(peint en 1802)(2)
Lejeune Louis Francois Baron, Bataille de Marengo (14-VI-1800)(peint en 1802)(2).jpg
Lejeune Louis Francois Baron, Bataille de Marengo (14-VI-1800)(peint en 1802)
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Lejeune Louis Francois Baron, Bataille de la Moskova (7-IX-1812)(2)
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Lejeune Louis Francois Baron, Bataille de la Moskova (7-IX-1812)
Lejeune Louis Francois Baron, Bataille de la Moskova (7-IX-1812).jpg
Lejeune Louis Francois Baron, Bataille du pont de Lodi (10-V-1796)(peint en 1804)(2)
Lejeune Louis Francois Baron, Bataille du pont de Lodi (10-V-1796)(peint en 1804)(2).jpg
Lejeune Louis Francois Baron, Bataille du pont de Lodi (10-V-1796)(peint en 1804)
Lejeune Louis Francois Baron, Bataille du pont de Lodi (10-V-1796)(peint en 1804).jpg
Meissonnier, La campagne de 1814 (peint en 1864)
Meissonnier, La campagne de 1814 (peint en 1864).jpg
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